vendredi 10 juin 2022

Hôtel Canigou avec vue sur mer, altitude 1360 m

 C'était presque au dernier soir de mai, j'allais offrir à ma randonnée prévue pour le lendemain un prélude merveilleux.


Hôtel Canigou vue sur mer


Je décidai d'emprunter la petite piste de montagne qui, au flanc du Massif du Canigou, est un remarquable belvédère sur la plaine, la mer, les Pyrénées plongeant dans la mer, les lointains du pays voisin et des départements voisins, mais la brume de terre qui stagnait estompait contours, reliefs et même couleurs. Le belvédère était beau et le décor un peu terne. Il serait celui de ma nuit, toute seule au milieu de tout et loin de tous.



Dans une jolie courbe j'ai posé mon hôtel



Face à la mer, à 1360 m


La plaine et les Albères sur la droite

Ce n'était pas pour me déplaire, le petit pincement d'inquiétude était le petit plus qui rendait ma vie aventureuse.

Il était assez tôt et j'installai table, fauteuil, cahier, comme une écolière studieuse devant un devoir de vacances. J'écoutais descendre le soir. Les parfums de genêts se mêlaient aux chants des rossignols et du coucou qui naissaient dans les proches reliefs. Mon cahier de vie se couvrait de fines lignes au crayon, écriture penchée et serrée, heure des bilans, réflexions sur l'extrême vieillesse, sur mon chemin de vie, bien des choses qui pourraient conduire à la nostalgie, mais ici, dans ce décor, c'est plus facile car la nostalgie n'est pas permise.




Le Pech de Bugarach, Aude


Pas une présence humaine, pas un bruit de moteur ne troublaient le silence. Les villages, 1000 m plus bas, au pied du moutonnement des collines s'étendaient, posés comme des papillons immobiles sur le tapis vert de la plaine jusqu'à la Grande Bleue, un peu plus imposante que vue de la plaine.

Ma terrasse de restaurant aurait un beau décor.

Super restau


Puis la nuit étendit ses grandes ailes, lorsque le soleil eut doré les monts et allumé le ciel de rose saumonné. Une nuit sans lune allait recouvrir mon monde devenu très vaste, soudain. J'en oubliais presque le Puig Sec, seul sommet visible rayé de blancs couloirs.


Puig Sec et Barbet sur la droite


Roc St Sauveur


Collines des Aspres


Pech de Bugarach


Tous les oiseaux s'étaient tus.

Mon perchoir s'ornait d'un foyer où j'allumai un feu plus symbolique qu'utile, on aurait pu le voir de mon village qui était en premier plan, tout en bas. mais non, il était modeste mon feu et ne voulait pas attirer le regard.


Mon village


Un petit feu de bois


La nuit était là, j'avais vu s'allumer les villages, les phares sur la côte, les étoiles et toutes ces lumières tremblotaient joyeusement devant un spectateur émerveillé.


Et la nuit envahit la plaine, il est près de 22 h


Je ne dirai pas que je dormis mal, bien au contraire mais je m'éveillai souvent, simplement pour regarder ce décor qui semblait ne pas changer, mille lumières, les points rouges des éoliennes et les étoiles dont ruisselait le ciel.

Indoor by night

Outdoor


C'est un véhicule qui m'éveilla alors que le jour se levait, il était un peu plus de 5 heures : un nouveau spectacle allait commencer.

Son et lumière car les oiseaux, coucous et rossignols, entamèrent leur concert matinal.

Celui, inversé, du jour qui naît, des lumières qui s'éteignent, de la plaine qui s'éveille, de la mer qui s'illumine et du ciel qui flambe.


Premières lueurs


Bien avant que le soleil ne jaillisse, ses rayons striaient le ciel rouge. Toute brume avait disparu et la netteté des lointains comme de la plaine ciselait le tableau : le massif de la Clape à Narbonne, le Mont Saint Clair de Sète, la vue portait loin il ne manquait plus que le soleil; il se fit un peu attendre, ma rando attendrait donc aussi. 4 degrés ambiants.

La Clape (Aude)

Le Mont Saint Clair (Hérault)

Etang de Villeneuve et de Canet (66)

Les Albères

Et, immobile et médusée, devant un horizon large et étendu, je bus du regard un spectacle dont j'imagine qu'on ne se lasse jamais. 


Instant magique







Mais qui donc se profile devant la bulle ?






D'après l'azimut, cela pourrait être en Camargue









A présent je peux partir

 

J'en oubliais presque de regarder derrière mon dos s'allumer le sommet et flamber la vieille tour à signaux.


Désormais mon sentier irait s'enrouler au pied des blancs névés




Le récit de la rando ici 

Le site : 

En plan rapproché


Plan large


4 commentaires:

  1. oh oh oh oh quelle nuit ! Un beau belvédère, du texte joliment ourlé, de magnifiques photos....merci Amedine

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    1. Merci, un plaisir d'écrire à la hauteur du site !

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  2. Des moments d’exception ! En contemplant ces paysages tous les soucis s’estompent. C’est magnifiquement écrit et conté. Josy.

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    1. J'y retournerai prendre un grand bol d'air une de ces nuits et je vous enverrai des signaux de fumée, ce sera original. Par contre je n'ai pas pu escalader la tour

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