lundi 20 juillet 2020

Caudebronde, village audois

Caudebronde (moins de 200 habitants) est un village de l'Aude, lové dans une étroite vallée, celle de la Dure.
On y accède, en quittant Carcassonne, par la route de Mazamet et, à Cuxac Cabardès, on peut quitter cette route pour arriver à Caudebronde. Ou alors y aller directement sans passer par Cuxac, mais Cuxac est beau.


Arrivée à Caudebronde






Caudebronde : on pourrait croire à un bout du monde, un "cul de sac", comme on le dit inélégamment, mais une petite route, étroite et longue, longeant la vallée de la Dure conduit sur les hauteurs, en direction des Martys, et sur la grand route de Mazamet. A partir du village, en un parcours assez escarpé on peut rejoindre aussi la grand route.

Place des tilleuls, monument aux morts et petit pont sur La Dure
Ceci dit, enfoui dans des forêts où règne le châtaignier, Caudebronde vit dans le vert.Et les couleurs!
Un tout petit village où l'on ne trouvera ni hôtellerie ni commerces mais un art de vivre et surtout, surtout, un charme fou.



Plutôt qu'une fastidieuse description où je ne saurais mettre en valeur ce charme suranné qui semble immuable, partons à la découverte. On peut stationner à l'entrée du village, s'installer au camping, se distraire ou se détendre à une jolie aire de loisirs, on peut visiter le joli cimetière étagé à flanc de vallée, mais on peut aussi, on doit surtout, aller à la rencontre des couleurs de Caudebronde.
Parce que les hortensias multicolores en sont la parure, jusque dans la rivière.
Parce que la place est plantée de tilleuls démesurés qui montent jusqu'au ciel.
Parce qu'une fresque plus vraie que nature amène une touche de fraîcheur juvénile.
Parce que déambuler entre les vieux murs dont les pierres ont été extirpées des carrières de la montagne, les lauzières, par les lauzerons et que les lauzeurs agençaient sur les toits est à lui seul un voyage.
Parce que...mais....
Suivez moi...




Eglise St Pierre des Liens







Reflets





Les deux ponts de Caudebronde




Lectures pour tous


Le lavoir


La lauze dans tous ses états




Le charme de l'ancien




Charme d'autrefois




Un des tilleuls gigantesques


Et...le cimetière, repos en terrasse


"C'est une maison grise adossée à la colline...on y vient à pied..."
Pour l'Eternité

Toutefois, les curieux (dont je n'ai pas tout a fait été) ont la possibilité de faire deux randonnées, parcours court et parcours long, dans les collines, à la rencontre des lauzières (Entre sources et lauzes, 6 km ou 11 km, petit dénivelé).
Je me suis contentée , pour ne pas abandonner Mathurin, d'aller écrire face à la chapelle Saint Pierre.
Avant que d'aller laver mes yeux à la source miraculeuse, sentant très fort l'hydrogène sulfuré mais vous donnant un regard neuf sur la vie puisqu'elle soigne les yeux !

Chapelle St Pierre



La source miraculeuse

Je n'ai pas essayé sur le strabisme de Mathurin !!






mardi 30 juin 2020

Mes carnets de montagne


L'écriture est un peu ma seconde peau.


Pourtant (ou alors parce que...) on m'a assez répété : "N'écris pas !!".
On m'a aussi assez répété : "Ne parle pas !!". Alors que faire et comment vivre ainsi ?
Donc j'écris et je suis bavarde.




J'ai déjà publié un blog sur mes carnets, aujourd'hui j'en suis au 38 eme, j'ai eu des périodes de flottement, leur course est ralentie.
Une papeterie originale de Perpignan, dont la patronne est une jeune femme originale, me fournit. Cette jeune dame m'a conté son histoire et son goût pour les beaux spécimen, une sorte de "Madeleine de Proust" reliée à son enfance la fait baigner - et nous avec- dans les beaux articles : papiers, carnets, crayons et stylos etc...

Alors, mes carnets de montagne, je vais les dénicher dans sa caverne! Il faut qu'ils parlent évasion et voyage.
Dans mon sac à dos j'emportais jadis mes gros cahiers : volume et surpoids...


J'ai allégé et écrémé et, à présent, ces petites merveilles colorées me servent à nicher toutes mes données, impressions, chiffres et lettres, croquis, je remplis le moindre espace en long, large ou travers afin de conserver l'esprit du carnet. Ils ont leur place dans ma "carnetothèque" et une place de choix, même si après la rando ils ne me servent plus à rien sinon le temps d'un blog.




Quand je les regarde, les chiffres prennent beaucoup de place.







Parce que j'aime les chiffres même si je manie plutôt les lettres!


Je me suis demandé d'où me venait ce goût des chiffres depuis l'enfance. A part l'hérédité paternelle, je ne vois pas...


Mais si, bien sûr ! puisqu'on me disait "n'écris pas" et "ne parle pas" on ne m'a jamais dit par contre "ne compte pas" !
Alors j'ai tant et si bien manié les chiffres qu'à un moment de mon adolescence je me suis lancée dans une écriture codée en chiffres. C'était long, fastidieux, pas pratique mais si je l'avais bossé, j'écrirais couramment.
Ainsi "n'écris pas !" s'écrirait "35.2.12.43.3.44. 41.1.44 !" imaginez l'écriture, imaginez la relecture ! J'aurais fusillé mon cerveau !
Depuis peu de temps j'ai encore "écrémé" la matière car chaque fois que je voulais prendre des notes, je devais poser le sac, récupérer carnet et crayon etc...etc..Que de manips !
A présent un petit carnet de brouillon est tiré de la poche en marchant, avec son crayon et je note tout en chiffres, un mot ou autre pour noter un bruit, une impression, une pensée et ensuite je recopie en étoffant dans le carnet de montagne.



Il y a des croquis aussi ; quand je prépare une rando hors circuit balisé et aseptisé, là où il faut mettre tous ses sens et neurones au boulot, je fais des croquis issus de mes recherches sur géoportail style "A telle distance et telle altitude (à quelques m près) je dois trouver un départ de sentier...ou une source...ou un gros éboulis..." enfin tout ce que m'indique géoportail et ses assesseurs : carte IGN, carte Etat Major, Carte de Cassini parfois, vues aériennes des années 60 et de nos jours ! Mon GPS utilisé en altimètre et en distances, ma carte IGN font le reste, dopés par mon intuition et mon sens de l'orientation, ainsi que mon habitude à lire le terrain.


La vue aérienne est capitale mais il est vrai qu'en moyenne montagne elle ne sert guère : on n'y voit que des arbres !! Cependant la moindre clairière devient bavarde !

Ah la préparation artisanale est sportive. Mais...je me refuse de tout mon être à suivre aveuglément un GPS, pour moi cette quête est encore plus importante que la rando en elle même, c'est un jeu addictif.
A la pause, je sors mon "vrai" carnet et je note mes impressions, quelques détails enfin cela fait un peu "poète à la montagne"...Je dessine aussi...je prends des azimuts pour identifier un sommet inconnu, bref la rando est studieuse, mine de rien...
Parfois cela donne des scènes cocasses, comme cette dubitative, ou mortifiée, Dame devant ces chiffres


Ou cette page écrite en montant au Pic Estelle, ce 5 janvier dernier et sur laquelle, face aux croquis de dissections de Léonard de Vinci, j'écrivais  "Parler aux morts, dire aux vivants ce qu'on aimerait leur dire et qu'on ne leur dira jamais, faire quelques petits tours et détours dans sa propre histoire, se laisser aller à mi voix à des conciliabules où personne ne viendra vous dire "tais toi"', que personne n'entendra ni ne jugera. Mais aussi se taire tout simplement..." tout en contemplant et dessinant le Canigou logé sur la double page précédente. Mes carnets ne racontent pas que la montagne....


Mon carnet du moment est motorisé, j'aime la moto je l'ai trouvé sévère et intéressant.













Le prochain, Jules Verne, sera une belle invitation au voyage.








Mais le top du top , moment fortuit, c'est lorsque sur le carnet Monet est apparue une passerelle semblable à celle qui était sur mon chemin et que j'allais emprunter pour traverser une rivière : quel message !!


Quant à mes "Carnets de Vie", le 38 eme, habillé à l'ancienne d'une fausse couverture de moleskine rouge, il est bien gardé par Nina !




Sur ses pages blanches, à la tombée du soir, je suis partie dans les gorges de la Carança lancer quelques impressions comme on lance des cailloux dans l'eau. Les oiseaux passaient en criaillant, vrillant le bruit du torrent. J'étais bien...Soudain la pluie est arrivée, et, protégée par l'auvent de la falaise, je n'ai rien vu jusqu'au moment où postillons du torrent et du ciel se sont mêlés pour venir étoiler ma page. Moment de solitude heureuse.
Solitude "Carancéénne"





Ecrire est un plaisir dont il  serait machiavélique 

de faire une interdiction