Mais surtout Marguerite Duras à ce moment là de mon existence.
Quasi tous les livres de M Duras, avec un ineffable bonheur : c'était l'été, je me souviens et il faisait aussi chaud que dans "Les petits chevaux de Tarquinia".
J'avais une quarantaine difficile et Duras seyait à ce moment de ma vie.
Je ne retrouve plus dans ma bibliothèque tous les romans de Duras. sans doute en ai je prêtés qui naviguent Dieu sait où comme "Le marin de Gibraltar"?

Avant hier j'ai saisi au hasard "La vie tranquille" dans ma bibliothèque et je l'ai savouré.
Duras ne se lit pas seulement, il se relit, plusieurs fois s'il le faut et il se savoure.
"La vie tranquille" semble avoir été écrit par une femme vieillissante, tous les thèmes existentiels y sont abordés, de façon grave et profonde sous une étrange écriture, faite de mots et phrases simples, voire dépouillés.
La mort, la vie, la souffrance, la désolation d'un avenir tout tracé, la vieillesse, le vieillissement, le temps qui s'enfuit, la solitude, l'ennui, les drames, thèmes récurrents chez Duras.
L'héroïne, Francine a 26 ans et déjà vit profondément tout cela; jusqu'au tréfonds de son corps et de son âme. Au milieu des drames qui jalonnent son jeune parcours en quelques semaines.
Mais...l'auteur a tout juste 30 ans, qui écrit cela !
Née le 4/4/14, elle meurt le 3/3/93.
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Lequel Goncourt salua en 1984 "L'Amant".
Marguerite Duras , née de parents enseignants en Cochinchine (sud Viet Nam, delta du Mékong), est la 3eme enfant du couple après deux garçons.
Chaque personnage, sauf le père, peut être, très tôt disparu (la fillette a sept ans), compte absolument dans les romans, tous inspirés de son enfance et de sa vie. Ainsi que des relations familiales troubles et tourmentées.
Elle l'avoue elle même dans "l' Amant", le plus résolument autobiographique de ses ouvrages.
Son nom Donnadieu a été transformé en Duras, village de son père dans le Lot et Garonne.
Village que je connais et qui mérite le détour (y compris pour ses vins).
"La vie tranquille" est un roman où chaque mot, chaque phrase sont essentiels, lourds de sens, pesants, tout en véhiculant une poésie qui semblerait devoir alléger l'atmosphère...bien au contraire; les sons, les odeurs, les couleurs, les sensations de cette jeune fille sont aussi essentiels que les mots.
Lecteur, on se reconnaît, en maints endroits. On peut se révolter mais on se reconnaît. inévitablement, puisque c'est la vie même.
Dans "L'Amant", Marguerite Duras écrit: "
Ainsi que ce qui corrobore bien l'hypothèse d'éléments autobiographiques dans une oeuvre débutée voici 41 ans:
Marguerite Duras n'a pas écrit que des romans : scénariste, dialoguiste, réalisatrice, metteur en scène, -le tout de ses ouvrages- ,éditrice , sa vie fut aussi variée sur le plan littéraire que personnel.
L'alcool sera un des drames de sa vie.
Avant de mourir elle écrivait : "Ecrire, c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait"....1993
Et aussi: " « C'est laisser le mot venir quand il vient, l'attraper comme il vient, à sa place de départ, ou ailleurs, quand il passe. Et vite, vite écrire, qu'on n'oublie pas comment c'est arrivé vers soi. J'ai appelé ça "littérature d'urgence". Je continue à avancer, je ne trahis pas l'ordre naturel de la phrase. C'est peut-être ça le plus difficile, de se laisser faire. Laisser souffler le vent du livre... »
Laure Adler -entre autres - a écrit sur marguerite Duras :