vendredi 11 avril 2014

Une Lison vexée

Je soupçonne Lison chatte  d'être allée pendant ma sieste visiter mon blog. Et là, devant l'histoire 
de la rencontre avec la musaraigne, elle a été fort vexée.
Vexée de voir que je chasse si mal alors qu'elle m'a si bien enseigné; c'est ce que suppose Sylvie.
Avec dégoût, Lison a vu les résultats de son éducation.


Alors elle m'a montré comment on fait!
La chasse, je n'ai pas vu, je dormais. Je faisais la sieste mais bon, j'ai des excuses: les chats mangent,
 moi je les nourris. Et je bosse en plus, pour ça!
Certes rétorque Lison mais aller au supermarché et sortir la carte bleue ? Pfff !!!
J'ai vu le résultat de la chasse qui m'a tirée de mon sommeil.
Lison avait lâché le morceau.
Le morceau, le voilà.
Car la différence, elle est là : moi, je chasse et je relâche...Les chats, ils chassent et m'apportent le butin...pardon...le cadeau :-))
Que je suis bête, moi, avec mon égocentrisme!







Séquence pattounes




Pattounes bis

Comme la souris, il se sent bien

Finalement, je l'ai relâché dans le jardin...
Aïe ! Si Lison l'apprend....



mercredi 9 avril 2014

La rencontre

J'ai fait une rencontre sur la route. Banal, me direz vous, sur la route on rencontre de tout.
Mais quand on roule à 22 km / h en tracteur, on a le temps de regarder donc de rencontrer.
Elle traversait la route devant moi, rapide et menue.
J'ai sauté de mon véhicule pour l'attraper.
Car elle ne fait pas partie de mes phobies, bien au contraire.
Je sais, beaucoup en ont la phobie. Pas moi.



D'abord terrifiée, elle criait, elle couinait : de petits cris de peur.


Alors je l'ai réconfortée et elle a fini par m'accepter, avec mes grosses pattes.



Elle qui a des pattounes toutes fines et douces.



je crois qu'elle aurait bien fini par m'adopter. Et moi aussi.
Mais vous me voyez la présenter à six chats ?
Même bien nourris :-))






Alors après une dernière caresse et un dernier bisou entre les deux yeux sur son pelage soyeux, je l'ai rendue à sa vie de vagabonde.





Craquante, non ?

jeudi 3 avril 2014

J'ai une phobie

Du plus loin que je me souvienne, j'ai une peur panique de quelque chose de tout à fait inoffensif, qui ne pouvait en aucun cas me blesser, me faire du mal, ni même me courir après. Surtout pas me courir après car c'est cela !

Et cela, c'est une plante, l'Euphorbe Characias



Une phobie, cela ne s'explique pas, c'est une peur irraisonnée.
La preuve, il y a plus de 60 ans que cela dure...et cela ne m'a jamais passé, je n'ai pas guéri.
Même si je me raisonne, cela n'a aucun effet.

Croyez que j'ai fait en cet an de grâce 2014 un sérieux progrès : pour la 1ere fois de ma vie, j'ai réussi à en photographier une, la toute première, à Pégairolles de l' Escalette.
Je visitais le village, à mille lieues de tout - non, ce n'est pas ce que je veux dire -, à mille lieues d'imaginer que le gardien des lieux serait une Euphorbe.

Un peu mince, un peu moins agressive que les autres, elle n'a suscité qu'un mouvement de recul, pas une fuite et j'ai pris mon courage à deux mains, mon appareil photo dans une main et j'ai OSE  faire ce 1er cliché de toute ma carrière.

J'étais très fière de moi.

Il me semblait avoir réglé le problème : enfin !


Que nenni !
Quelques jours plus tard, accompagnant ma mère sur un sentier, je me suis trouvée nez à nez avec un gros buisson d' Euphorbe en fleurs.
Les euphorbes en fleurs, c'est d' avril à juillet de grosses grappes qui dardent leurs centaines d'yeux perçants.
Comme ça , mais en plus grand, en plus inquiétant.
Ce que j'ai fait ? j'ai poussé un cri et pris mes jambes à mon cou.
Ce que je fais depuis que je suis petite.
Ni les moqueries, ni les raisonnements n'ont pu rien pour moi.Jamais.
Incurable.
Certes je n'ai pas consulté un psy...

Alors j'ai essayé autre chose pour vous faire partager ce moment de sueurs froides.
A l'angle de ma vigne se trouve depuis toujours (car ça ne meurt jamais), ce pied que j'épargne : car pour rien au monde je ne blesse, ni ne coupe, ni ne détruis cette plante.

Elle n'y est pour rien et a le droit de vivre.
jamais je n'ai blessé une de ces plantes; de toute façon, pour ce faire, il eut fallu que je m'approchasse de très près ce qui fut toujours matériellement im-pos-si-ble !!!


Quand je sais qu'une plante est là, je me prépare psychologiquement à passer à côté : je prends ma respiration, je ne la regarde surtout pas et je passe le plus vite possible. Avec une sensation de peau qui se glace ou se sèche, de souffle court, que sais je ? je ne fais pas durer le plaisir.

Il y a des lieux qui me sont interdits, à cause de ça, des activités impossibles (chercher des asperges sauvages), des sentiers de randonnée où je suis obligée de faire demi tour.
Une galère.

Celle ci est celle de ma vigne : je l'ai prise précautionneusement au télé, j'ai souffert pour extraire les photos sur l'ordi et je souffre encore à vous les présenter.
Et encore ce pied là, je le cottoie depuis l'an 2000. Il a l'apanage de la familiarité.
Mais même lui, je le croise en tournant la tête.



Parce que même en photo, même sur du papier....j'ai ma phobie collée aux basques...
 Ce n'est pas de savoir qu'elle est toxique. Loin de là. de plus, je n'ai peur de rien, dans la vie.
De la témérité je pourrais en vendre ou en louer, il m'en resterait encore.


Le problème ? C'est "les yeux"; ces yeux perçants dardés sur moi, par milliers sur un gros pied 
bien gras.
Ils me terrorisent.
Enfant je ne connaissais pas le nom de cette plante, je l'appelais "les yeux".

Craindrais-je à ce point le regard d'autrui sur moi ?...

Qu'en pensez vous ? Et vous, avez vous des phobies ?

dimanche 30 mars 2014

Je pourrais..


Ici, à Navacelles, tout en haut, sur le rocher de la Vierge, je suis froidement balayée par un noir vent de novembre, habilement relayé par un chaud soleil de mars.


Qui font que je suis bien, perchée , mon cahier et mon crayon à la main, alternant écriture et dessin.

Navacelles depuis le coeur de pierre du méandre



J'entends, venue d'en bas, la musique de la cascade, et de la chute d'eau du ruisseau qui coule tranquille dans la prairie, devant le sommeil de mes nuits ici, chute coiffée et décoiffée par le vent que je devine à la mélodie irrégulière.



En bas, sur la pairie, j’entends le coq de Christine qui s’époumone et se tait pour faire faire à une poule non consentante un sprint furieux qui se terminera par…c’est le printemps….

Les chiens de Christine aboient et ses chats se terrent au chaud dans sa drôle de maison si chaleureuse. Christine…je sais déjà sa vie pleine de drames. 


Jardin et maison de Christine


Elle siffle ses chiens et le calme revient, même ici, en haut de mon perchoir. Personne ne sait que je suis là et j’écoute la vie de ce trou minuscule : un claxon joyeux, un camion qui s’essouffle dans la côte, les coups de sarcloir de la grand mère bougonne qui prépare son jardin sous le regard immobile de trois chats qui ne sont pas siens.



Navacelles arrive à moi que personne ne devine juchée sur mes gradins de pierre grise. A mi chemin entre le Causse et la Vis, entre ciel et terre, entre ciel et eau. Je flotte dans un drôle de paysage.




Moi, je pourrais rester  perchée là, sur ces gradins naturels et y passer des heures et des jours. Je pourrais y dévider mon présent comme un écheveau de laine, en me contentant de mes impressions, de mes sensations, de mes petits bonheurs du jour, en pensant aussi à ceux que j’aime, laissés là bas, loin, « en bas ».
Je pourrais voir changer les saisons, verdir et pleurer le Causse, jaunir et rougir les buis en respirant leur âcre parfum que j’aime tant.



Je pourrais ressentir le froid de novembre et la torpeur de juillet en écoutant le chant monocorde des poules de Christine.
Je pourrais peut être, en plus du chant de l’eau , entendre rouler une pierre issue de ces gros blocs que la nature a pris elle même soin de tailler comme des pyramides égyptiennes ou des temples incas. Gradins, murailles, théâtre antique. Navacelles est un immense théâtre antique qui me reporte à  Pergame, Ephèse, ou Orange…
Je pourrais y entendre Aïda, Mozart, Nabucco, Carmen, que sais-je…tout ce que voudrais. Ou bien le silence immense des nuits étoilées.



Navacelles pourrait être inchangé dans mille ans si je revenais. J’emplis mes yeux de ce présent aux allures de passé et de futur, ce présent qui , aujourd’hui, est  le chant du coq, de l’eau et du vent, cette nuit, la griffure de la pluie, ce matin, au réveil, le ciel sulfureux et tourmenté que frangeait la dentelle rocheuse du Causse, mon ciel de lit.

Navacelles où j’aime venir, revenir, me poser, mais d’où jamais, jamais, je n’ai envie de partir.

Je pourrais , an après an, voir fleurir l’immense cerisier neigeux et la cascade mauve de la glycine, verdir et jaunir les prairies du méandre abandonné, se consumer la pierre sèche et ruisseler de toutes parts le Causse sous la tourmente des tempêtes cévenoles. Voir la Vis bleuir, verdir, jaunir au rythme des saisons et du climat, sans jamais faillir avec ses immuables 10° de température, alimentée par le monstre inconnu qui dort sous terre et lui donne la vie.



Cerisier

























Oui, ici, je pourrais me nourrir du naturel et du surnaturel.






Je pourrais, si je le voulais, me poser ici pour l’éternité….

Lathrée Clandestine (Lathrea clandestina)  plante parasite


                                                                                     

                                                                  Navacelles le 24 mars 2014

                            

vendredi 21 mars 2014

Le conférencier


Ce fut une bien étrange soirée…
Lorsque je pénétrai dans la salle de conférences, ce fut le chœur d’ Aida, de Verdi qui m’accueillit. Instant étrange car il n’était pas au programme de l’époque visitée, il servait juste de test à la sono.
Et pourtant Aida fut mon premier moment de musique dans ma vie.
J’avais 12 ans et en classe de 4 ème, le professeur de physique enseignait la musique. Il nous plongea de suite dans les chœurs d’ Aida que nous chantions en chœur –évidemment- et avec les notes seulement. Je ne les ai pas oubliées. Je les sais encore par cœur, 50 ans après… Ensuite je devins une adolescente passionnée de musique classique que j’écoutais tard dans la nuit sur le transistor moderne des années 60, dans ma petite chambre
Petite parenthèse, j’y vis un signe, celui  que la soirée allait m’amener sur des sommets.
Car mon rêve serait d’être trompettiste et de jouer Aida sur les hauts sommets enneigés des montagnes que je gravis…
Comme c’est étrange…
La salle se remplissait doucement et la conférence –le concert allais-je dire- commença.

Le thème était « La musique sous la Révolution et l’ Empire ».
Révolutionnaire, la conférence le fut. Impériale également…
Jean Claude, le conférencier , est devenu un ami.
Je l’ai rencontré en même temps que Rossini.
Il nous gratifia un jour, d’une magistrale « conférence » sur Rossini, qu’il semblait avoir cottoyé, avec qui il paraissait avoir noué des liens d’amitié, de fraternité dans une joyeuse débauche musicale.
C’est pourquoi on ne peut parler de « conférence » mais plutôt d’une vie partagée dans laquelle il nous a conviés à nous insérer. Un voyage hors du temps, du siècle, du quotidien.
Par la seule magie de sa passion.
En toute simplicité.

Alors, de la Révolution à l’ Empire, je tenais à faire ce voyage, moi la nulle en histoire.
Un régal..
Le temps se déroula chronologiquement, linéairement mais chaque événement, chaque
instant le fut en paroles et musiques. Sobriété des paroles, extraordinaire choix des extraits musicaux.
Ils ne nous étaient pas seulement donnés à entendre, à écouter, mais on y pénétrait par une porte secrète, comme dans ces coins secrets des châteaux, ouvertures dissimulées et on « était dans la musique », on entendait arriver les instruments, dialoguer les hautbois, arriver ces chœurs féminins, vibrer ces voix de basse masculines. Pleurer ce violon. Chanter cette mandoline.
Venus de France, d’ Italie, d’ Allemagne, d’ailleurs. Gossec, Beethoven, Cherubini , et d’autres familiers ou inconnus, même Mozart fut de passage. Invité anachronique qui avait juste un mot à dire.
Tout cela ne nous fut pas qu'expliqué didactiquement.


Gossec
1734-1829


Non, en surimpression de l’extrait, en un geste, un mot, un sourire, une vibration, Jean Claude nous ouvrait les portes des notes, des voix, des mouvements qui enflaient et s’éloignaient…Chef d’orchestre d’un moment qui nous invitait par un regard à accueillir ce qu’on voyait et qu’on n’aurait peut être même pas entendu. Par la magie de sa seule passion. Que dire ? ce serait trop long…




Beethoven
1770-1827
Pasiello
1740-1816

Mehul
1763-1817
Le Chant du Départ


Cherubini
1760-1842

Ainsi, entre la Bastille, Le Directoire, le Consulat, 
l’ Empire, les Batailles de la Grande Armée et la mort de l’Empereur, ce fut un voyage de deux heures où le temps fut suspendu. Cela aurait pu durer 3 heures, 4 heures, Jean Claude avait la magie de celui qui sait : qui sait sans forfanterie ni pédantisme, qui sait juste faire vivre, revivre, rêver, comprendre, aimer.
Parce qu’il « y était ».

Jean Claude Salomé orchestre la conférence

Je me suis penchée par la suite un peu sur cet homme qui m’a raconté son histoire.
Je l’ai soigneusement consignée.

Musicien, il ne l’est pas. Ou trop peu (par modestie peut être...)
Mélomane, sans aucun doute, lui qui n’a entendu toute sa carrière que le grondement monocorde des trains sur les rails, avec leur rythme saccadé et lugubre.
Comme c’est étrange.
La musique c’est un coup de foudre d’enfance, une passion d’une vie.
La musique, il la connaît, autrement, il la vit, elle l’habite, ils ne font qu’un dans une singulière alchimie qui mériterait à elle seule un roman.

Je cite simplement quelques extraits de son vécu enfantin.
«      Le grand déclic : Tout commence  au cours élémentaire 1ere année  ( je devais avoir 7 ans.)  Sur le tableau noir ( Le petit tableau  à droite dans la classe) : un texte  écrit à la craie , que je connais  encore par coeur, comme beaucoup d'autres.Texte  que je n'ai jamais oublié ,dont j'ai écouté la musique, et que j'ai  chanté des centaines et des centaines de fois :
 C'était  " Le duo de la déesse"  pour  voix de ténor et baryton ( Extrait des Pêcheurs de Perles de  Georges Bizet)  " ...
  L'instituteur eut la patience de nous apprendre cet air  difficile pour des enfants et de nous le faire chanter… »
Et aussi : «  - Aprés Bizet , ce fut l'extraordinaire " l'Hymne à la Nuit" de Rameau (…. ) Puis la 9eme symphonie de Beethoven (…)   Ensuite j'ai découvert avant 10 ans,  des airs  toujours  appris en classe :  L' air  d'Isis de l'acte 2  de La Flûte enchantée de Mozart - ( pour voix de basse )  -  Le "choeur des chasseurs"  de l'opéra  " le Freischutz' ( Le chasseur libre ) de  Von Weber  - -  La Barcarolle des contes d'Hoffmann d'Offenbach – (…) »

Ah ! Ces découvertes d’école….que d’empreintes elles ont laissées…

Il me parlera au cours de ces missives, d’orchestres, instruments, tessitures de voix, avec une remarquable technicité et simplicité, il me parlera des différentes interprétations d’un même morceau et dans quel but, il me contera sa façon de composer une conférence que j’apparente à la composition d’une musique par un musicien et lorsqu’il confère, croyez moi, ce n’est pas un texte qu’il dit, c’est un chœur d’opéra qu’il interprète en toute simplicité, avec les gestes du chef d’orchestre qu’il a rêvé d’être depuis son enfance et qu’il joue à être dans l’intimité de sa quête.

Bravo Jean Claude, tu me reverras souvent…



Additif :Pour les lecteurs locaux

De la part du conférencier Jean Claude Salomé : invitation...extraite de son mail.
                                       Amédine ,.....                
                         Puis je aussi pour les lecteurs locaux donner la date et le thème de mes conférences à Céret ?
   1°)       CERET  -  Médiathèque    :  Samedi  19  Avril  14h 15   avec un certain ....  " Giuseppe  VERDI"
                          -  Médiathéque    :  Samedi 25 Octobre 14h 15 : ( En principe  : MOZART et "La flûte enchantée")


    2°)  LE  BOULOU  -   Médiathèque  :   Mardi   03  Juin   14h 15  ( les mots ont la parole)  : " La Musique descriptive dans les oeuvres des grands compositeurs" -  (Musique qui s'attache à imiter ou à évoquer des phénomènes naturels, des événements, des lieux, des ambiances, ou des personnages : chants d'oiseaux, bruits de la forêt , saisons, orage, danses diverses, etc...


Voilà, chose faite et venez vous "régaler"...




dimanche 16 février 2014

Les livres, la lecture et moi

Je n'ai aucun souvenir d'apprentissage de la lecture parce que j'ai su lire bien avant
d'avoir l'âge des souvenirs.
Je lisais à trois ans.
Lire était une vocation comme d'aucuns peignent, écrivent, dessinent ou font de la musique
J'avais « demandé les lettres » à ma mère et je déchiffrais à l'épicerie du village
ce qui était écrit sur les boites, en attendant notre tour; c'était en 1953. Je les assemblais
aux sons, comme on assemble les vins au goût, je construisais les mots, les phrases, comme
 on construit un objet.
Je m'appropriais à la fois langage et écriture, j'ai eu ainsi une orthographe très correcte,
 sans connaître la moindre règle, et le goût des mots, des livres et des textes; j'écrivais
sans cesse dans ma tête, rarement sur le papier : tout cela m'est resté.
Aujourd'hui, lorsqu'un élève de 6 ème sait lire, on s'extasie, lorsqu'un ado ou un jeune adulte
 aime lire, on l'assimile à une pièce de musée.

Lire fut mon pain quotidien: je lisais tout ce qui me tombait sous la main, je lisais
des « histoires », il fallait que la lecture me conduise ailleurs, me fasse rêver, c'était
 mes contes de fée à moi, même si les contes finissaient mal.
Dans un autre milieu, peut être eut on orienté mes lectures. J'avais certes des interdictions,
pas des orientations. Je profitai amplement des premières, les livres « à l'eau de rose »
de ma grand mère. Pour le reste, c'était des histoires de mon âge : bibliothèque rose,
 verte puis rouge et or, histoires proprettes, douces, moralisatrices, où chacun avait sa place,
 son rôle très défini. Maman ménage, couture, repassage, au foyer, papa au bureau, les garçons,
 les filles, leur rôle bien défini, leurs amitiés différenciées et leurs jeux sans interférences.
Loin des polémiques de maintenant.

Et je lisais : partout! En arrosant les champs, en cachette tard dans la nuit, en surveillant
 les frites (horreur ! La carbonisation!), sous les arcades des galeries du lycée, dans l'autobus
 lors des trajets scolaires, etc..; etc...partout où on peut lire.
Je continue, d'ailleurs.
Alors, des livres, j'en ai avalés.
Comme je suis très active, très mobile et physique, la lecture vient toujours après.
Et malgré cela , je lis. Tous les soirs et pendant mes insomnies.
Il n'est pas un jour sans lecture.
J'ai une bibliothèque assez conséquente, répartie dans 2 pièces.






Cependant, que lis-je?
J'aime lire quelque chose qui me fasse rêver, voyager dans l'espace ou l'âme.
Récits, biographies, psychologie, romans sont mes genres préférés;
Point de politique au menu, point de philosophie, si la psychologie est au rendez vous.
Rarement des romans historiques, très peu d'histoire. Ni de policiers.
Surtout des romans, avec une histoire, des états d'âme, du rêve, enfin.




Donc, mes lectures doivent me vendre du rêve, doivent me faire rencontrer des personnages.
De sacrés personnages, pourquoi pas ?
Les biographies me plaisent : je vais rencontrer des personnages qui sortent de l'ordinaire,
 sinon ils ne seraient pas l'objet d'une biographie. 

Sophie Chauveau






Une vie, un art aussi. Je me suis passionnée pour les biographies écrites par Sophie Chauveau sur les peintres de la renaissance Italienne.

Ajouter une légende






 Forte  de 4 années de documentation, cette romancière conte avec brio et passion le « Siècle de Florence ».
On gambade avec l 'enfant Léonard, Fragonnard, Lippi,Boticcelli , on fréquente les bouges, les ateliers, la cour, on fabrique les pigments avec eux, on copie, à n'en plus pouvoir, les grands maîtres, on crée, en cachette, on dépasse le maître qui signe les premières oeuvres, enfin si on n'est pas le maître, on vit dans son sillage tout au long du « roman  biographique ». Une expérience inoubliable...

Quant aux romans, j'ai une façon bien personnelle de les aborder.
Je découvre, ou j'aborde un auteur sans mobile bien défini, juste parce qu'il se glisse dans
 « la liste de mes envies ».
Jeune, je me suis passionnée pour Gide, Beauvoir, Mauriac, Malraux, orientée en partie par mes études de lettres. Donc j'ai pris l'habitude au sortir de l'adolescence, de découvrir un  auteur
à travers plusieurs ouvrages écrits par lui. Une « option » littérature comparée plus tard m'a
ouvert l'esprit autrement.
Une vie très remplie, beaucoup de travail physique n 'ont pas réussi à m'éloigner de la lecture,
 juste me ralentir parfois, pour cause de  fatigue. Des soucis de vie m'ont éloignée de la lecture pour mieux y revenir.

J'aborde un auteur par le biais d'un livre, au hasard, ou bien de façon très choisie, mais je ne me contente jamais d'un seul livre...si l'auteur et son travail m'attirent.
Je lis toute une série d'ouvrages de cet auteur, essayant de faire émerger un lien, une trame,
 dans le style, dans le vécu personnel de l'auteur, dans le message sous-jacent. Disons que je vais
à la rencontre du personnage auteur; en essayant ensuite de lire des auteurs de même époque,
même lieu historique, économique ou géographique, même veine, quoi.
Ainsi pour l'auteur anglaise Anita Brookner: Cette romancière  est historienne d'art, son travail
 sur David et Watteau font référence; Ses romans sont construits comme un tableau, par petites touches au pinceau, sans trop de couleur cependant; je dirai plutôt comme de la dentelle. Il ne se passe quasi rien dans ses romans, on voit juste à travers ce vide se dessiner un personnage point
 par point, dans ses menus gestes; comme une désespérance. Mais quelle construction psychologique ! Quel régal!






Anita Brookner entre dans le monde des lettres quand meurt Barbara Pym, qui pourrait être son inspiratrice. Ou son initiatrice.
J'ai poursuivi cette veine littéraire avec Johanna Trollope, une des romancières populaires de
 Grande Bretagne de  ces 30 dernières années et avec  Angela Huth.
En gardant une préférence pour le style d' Anita Brookner.
Il me faut découvrir Jane Austen, une référence dans la littérature anglaise;
Née en 1775, elle écrivit souvent de façon anonyme, jusqu’à sa mort en 1812. Donc elle fut peu connue.  Elle ne fut reconnue à sa vraie valeur qu'en ces  XIX ème et XX eme  siècles, après que son neveu eut écrit une biographie (en 1869)  sur cette femme étonnante et ses ouvrages rencontrèrent alors l'adhésion des lecteurs et de la critique. Elle est mondialement connue.
 Post mortem.



                                                                                                                         A Suivre....
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